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Réponse au commentaire de Catherine du 15 janvier 2010,
suite à l'article "un dessin de 2009 : troupeaux de zèbres de Burchell",
(catégorie "troupeaux de zèbres").

 


Vous pouvez féliciter votre fils : ses recherches, alors qu’il n’a que 14 ans, sont révélatrices d’une évidente passion pour le monde animal, passion qui l’a incité à investiguer sur le sujet « quagga ».  Je ne peux qu'applaudir à son esprit de recherche qui m’a donné envie de faire pareil.

Je suis heureux de confirmer ses propos et de les préciser …  

Il cite le Thylacine (appelé aussi Tigre de Tasmanie ou encore loup marsupial d’Australie).  De quel animal s'agit-il ?

 

thylacine2.jpg

 

tigre-grande-gueule.jpg

 

Espèce endémique de Nouvelle-Guinée, d’Australie et surtout de Tasmanie, le Thylacine n’a pas d’homologue dans d’autres pays. Il se rapproche du tigre pour ses rayures, du loup pour sa forme mais c’était avant tout un marsupial, comme les kangourous. Il a disparu avec le dernier spécimen dans le Washington D.C. National Zoo en 1936.


Le Thylacine a été exterminé par l’homme : d’abord par les aborigènes, qui lui préféraient le Dingo (un chien sauvage australien), ensuite par les colons qui n’aimaient pas le voir manger leurs poules, puis par les fermiers et pour finir par la négligence des gardiens du zoo qui l’ont laissé dépérir dans sa cage sous un soleil de plomb.


Le Tigre de Tasmanie avait une gueule énorme ! Sur le mince dossier photographique qu’il en reste, on le voit parfois ouvrir ses énormes mâchoires. Il semblerait que cette particularité fut un moyen d’intimidation plus qu’une nécessité physiologique. La femelle avait une poche, comme tous les marsupiaux, avec quatre mamelles. Le mâle avait l’intéressante et curieuse possibilité de glisser son «équipement sophistiqué» dans une poche scrotale.

 

Revenons-en aux propos de votre garçon, Catherine. 


- Effectivement, le 19 mai 2008, mes recherches le confirment, L’ADN de tissus adultes, authentifiés et conservés depuis plus d’un siècle dans de l’alcool, d’une espèce animale éteinte, le Thylacine, a été injecté par des biologistes américains dans des embryons de souris.   Les chercheurs ont ensuite examiné comment il se manifestait ; en d’autres termes, quels gènes ont induit quelles fonctions biologiques.  Ils ont ainsi découvert que le gène Col2a1 du Thylacine participe au développement du cartilage et de l'os chez la souris tout comme le ferait le gène du même rongeur.  C’est la première fois que l’ADN d’une espèce éteinte était utilisé pour induire une réponse fonctionnelle dans un organisme vivant.

 

Pour les chercheurs, cette première n'était pas un exercice gratuit. « Elle montre que la biodiversité génétique des espèces disparues n'est pas tout à fait perdue », estimait le Pr Marilyn Renfree, de l'Université de Melbourne. »

 

- Effectivement encore, au milieu des années 80, des équipes de chercheurs ont extrait l’ADN de fossiles : l’un était un animal disparu de la surface du globe depuis plus d’un siècle, le quagga, dont je parle dans mon article, l’autre une momie égyptienne datant du Vème siècle avant Jésus-Christ. La preuve était faite que l’ADN pouvait résister aux ravages du temps.  Cependant, ai-je lu, on peut quelque peu douter de l’utilité et de la portée de ces études. Dans les deux cas en effet, les fossiles étudiés avaient connu des traitements particuliers juste après leur mort pour minimiser leur dégradation : le quagga avait été taxidermisé pour être exposé sous son plus beau jour dans les collections des musées, et les rites funéraires égyptiens servaient à rendre les corps des morts … éternels.

 

Mais votre fils a raison d’espérer qu’un jour, dans quelques (dizaines d’) années, de son vivant peut-être, l’homme sera en mesure de « ressusciter » des espèces animales aujourd’hui disparues comme le quagga qui nous occupe : les découvertes de la science progressent tellement vite …

 

Mais doit-on vraiment espérer que l'homme parvienne à de telles prouesses génétiques, surtout si elles en venaient à cibler l'être humain ?  L'excès nuit en tout : un tel progrès ne risquerait-il pas d'être la source de dangereuses dérives ?  Matière à réflexion !

 

Pour terminer, j’ai pris bonne note de votre demande d’achat d’une reproduction du portrait de Lalibela : je vous avais promis en son temps que j’allais envisager la question mais je dois vous avouer que je n’ai pas encore concrétisé ce projet.  Cela viendra, probablement, rassurez-vous. 

 

Encore merci, Catherine, et bravo, Robin !

 

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