MARDI 11 OCTOBRE 2011
Drapés, plissés et élégance !
A la manière des Maîtres !
Dans l'article de ce matin du blog de mon ami Richard, Maître en égyptologie, il est question - entre
autres considérations - que son Egyptomusée se glisse prochainement dans de nouveaux vêtements.
Dans mon article mijoté pour vous annoncer une nouvelle présentation de dessin,
il sera question d'autres vêtements, de tissus, de plis et drapés artistiques,
d’harmonie d’ombres et lumières ... et d'élégance !
A la manière des Maîtres du passé !
Quel ambitieux menu pour cette prochaine présentation de dessin d'étoffes au portemine ; un défi un tantinet présomptueux d'ailleurs, je vous l'accorde, puisque au grand jamais je ne suis et ne serai capable de rivaliser avec les Maîtres en la matière – pardonnez-moi ce jeu de mot trop aisé - que sont Leonardo da Vinci ou Albrecht Dürer (pour ne citer qu'eux).
Vous l'aurez compris : tout simplement, je désire m'amuser quelque peu et vous mettre en appétit afin de bien savourer le plat de consistance, ce dessin que je vous promets élégant !
"Etude de drapé pour une personne assise" (Léonard de Vinci)
Source : "Les dessins de Léonard de Vinci" L. Demonts - Paris 1922
(Dessins de Léonard de Vinci, de son école ou qui lui sont attribués)
ALBRECHT DURER, étude de draperie
Vous n’ignorez pas que dans l’histoire de l’art – considérons par exemple la seule période de la statuaire de la Grèce et de la Rome antiques où ils constituent la base de l’habillement - drapés et plis sont omniprésents et intimement liés, jusqu’à primer très souvent sur la représentation de la figure humaine.
Ainsi, un jour – manière de parler bien sûr, car vous savez que mes dessins exigent bien plus d’une journée de travail avant que je puisse apposer en leur bas ma signature – je me suis risqué à tenter de ne représenter que des drapés et n’ai (ce n’est pas coutume) dessiné aucun visage ; de face du moins !
Drapés : si j’emploie ce substantif masculin signifiant "agencement harmonieux des plis d'un vêtement", c’est parce que j’ai essayé de dessiner des étoffes, en mouvement de surcroît : des tissus plissés par leur poids et retenus en certains endroits, tout en légèreté, contraints par les corps qu’ils recouvrent ... ou dévoilent en une discrète transparence, tout en élégance !
Regardez ce détail ...
Peut-être espériez-vous découvrir l'entièreté de ce dessin aujourd’hui ?
Non, bien sûr ! Vous vous doutez qu'il a nécessité bien plus d’une journée de travail
et que je ne vais tout de même pas vous le dévoiler tout de go !
Patience, patience ... Le dessin grandira progressivement sous vos yeux.
Je vous invite à flâner ici, dans les prochaines matinées, pour découvrir l'évolution de ces drapés
que je vous promets d'une élégance très ... féminine !
MERCREDI 12 OCTOBRE 2011
AGRANDISSEMENT
D'UN DETAIL DE MON DESSIN
dimensions approximatives réelles 2,5 x 8 cm
JEUDI 13 OCTOBRE 2011
Je vous avais promis une élégance très féminine !
| DETAIL DU DESSIN | DETAIL DE LA PHOTO ORIGINALE |
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dimensions réelles 7,5 X 6,5 cm |
dimensions réelles 7,5 X 6,5 cm |
Ces dames, différemment drapées, vous paraissent-elles, comme à moi, si gracieuses ?
Je laisse, pour l'instant, vagabonder votre imagination pour la suite probable du tableau !
VENDREDI 14 OCTOBRE 2011
dimensions réelles 9 X 9,5 cm
un dessin de 1990
DIMANCHE 16 OCTOBRE 2011
Début des années 70. Ma passion du portemine m’incite à rechercher tous azimuts des photos originales et détaillées, susceptibles de m'inspirer un dessin. Un copain me montre un jour ses clichés en noir et blanc, souvenirs de vacances dans le sud de la France. Ces inconnues photographiées à leur insu - et surtout ces plis, ces drapés et cette élégance - captent instantanément mon attention. Elles m’attirent : je les dessinerais bien ... mais je manque de temps et range la photo.
1990. Ces demoiselles sommeillent, oubliées et abandonnées, dans une farde. Je les retrouve et leur charme me surprend à nouveau. Cette fois, je n’attends plus et les dessine enfin ...
"drapés, plissés et élégance" - 16 x 25,5 cm
Pourtant, elles tomberont une seconde fois dans l’oubli, pendant de longues années, heureusement bien protégées dans une pochette en plastique et serrées contre la photo originale.
Début 2011. Enseignant à la retraite depuis près de 3 ans, je prépare fébrilement l’exposition « Là où mes mines me mènent ». Dilemme : que choisir car la salle mise à ma disposition est trop petite pour exposer l’entièreté de ma lente mais longue production ? Agréable surprise : la Directrice du Centre Culturel de ma ville me propose de profiter également de la seconde salle, bien plus spacieuse. Du coup, l’espace mis à ma disposition triple : je peux tout montrer, même les dessins ... trop bien rangés. J'extrais ces charmantes demoiselles de l’oubli auquel je les contraignais : je les encadre et les suspends fièrement aux cimaises, heureux du résultat.
Au vernissage du 25 février 2011, l’ami photographe est présent. Jamais encore il n’a vu ce dessin : il en ignore jusqu'à l’existence ! Moi, à l'opposé dans la salle, je l’observe du coin de l’œil, guettant ses réactions lorsqu’il s’en approchera et le découvrira. Immédiatement, il me cherche d’un regard surpris et interrogateur. J’acquiesce de la tête : oui, ce sont bien Tes demoiselles !
Dernier épisode (ou peut-être le début d’une nouvelle histoire). Quelques jours plus tard, une amie commune m’honore de sa visite et tombe elle aussi sous le charme de ces belles dames : j’appose une pastille rouge à côté du cadre, lui explique alors l'histoire du dessin puis lui dévoile le nom du photographe !
Vous l’aurez compris : je suis alors convaincu que ce dessin,
un peu plus apprécié encore à cet instant par sa propriétaire,
sera en de bonnes mains pour ... très longtemps encore !
photo originale - 16,5 x 25,5 cm

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... probablement des sentiments et un plaisir similaire aux miens, lorsque je dessinai ces plis que je dévoilerai bientôt, progressivement, à partir d'un sujet plus "moderne" !
(PS. Merci à toi, mais je ne suis "Maître" en rien du tout : uniquement un amateur passionné, un simple "Ouvreur de chemins" ...)
Merci Richard.
A l'excellent Maître, je promets l'élégance, mais je ne promets pas l'excellence ! C'est lui qui décidera après avoir regardé le résultat final ...
Merci Fan.
C'est évident : les drapés que j'ai tenté de dessiner sont superbes car ils sont portés avec élégance ... Quant au résultat final, le dessin au portemine, je vous le laisserai apprécier à sa juste valeur par vous-même dans quelques jours, si vous le voulez bien ...
Picasso mettait sa veste à l'envers pour égayer les journalistes, Camille Claudel elle, dormait quelques heures par nuit dans une minuscule chambre de bonnes sans chauffage ! s'il y a un ancien à qui j'aimerais ressembler, c'est bien elle !
Tout ça pour vous dire Jean Claude que j'attends impatiemment vos prochains drapés........
Cette citation de Frédéric Jager a retenu toute mon attention, et porte à la réflexion. Je la trouve bien pessimiste : peinture et sculpture contemporaines me paraissent en constante et belle évolution ... Le travail artistique de Jager, centré sur le cheval, d'après ce que j'ai rapidement pu en découvrir, s'inscrit dans un dynamisme d'évolution trouvant son origine dans les Maîtres du passé ...
Votre admiration pour Camille Claudel et son courageux travail me fait penser au superbe film de Martin Provost avec Yolande Moreau dans le rôle principal de "Séraphine" : on y voit un portrait terriblement poignant d'une artiste atypique, en certains points comparable à Camille Claudel : j'adore ce film !
Je me réjouis de voir que vous, que l'on attend impatiemment mes drapés : j'espère ne pas décevoir !
amicalement
Alice
Merci pour votre fidélité à venir découvrir mon travail et mes articles.
J'ai découvert de superbes aquarelles sur votre blog, seul le manque de temps m'empêche d'écrire autant de commentaires que ces belles réalisations mériteraient.
J'aime beaucoup aussi cette belle citation découverte chez vous que vous me permettrez, je suppose, de copier ici :
Picorer tous les petits plaisirs jusqu'à ce qu'un grand bonheur arrive ...
Et s'il narrive pas, on aura au moins joui de tous les petits bonheurs.
(citation Théodor Fontane)
La villa Médicis à Rome fut fondée pour accueillir les lauréats du Prix de Rome, et donner la possibilité à ces lauréats d'étudier les oeuvres italiennes incontournables. Les drapés notamment.
Parmi les prestigieux lauréats, citons Cabanel, David ou Fragonard qui remporta le premier prix en 1752 grâce à des drapés pleins de vigueur.
Les drapés attirent encore aujourd'hui beaucoup d'artistes même s'ils sont traités différemment, avec modernité.
ex: http://www.veroniquelagriffoul.com/
Merci Christiana pour ces informations très intéressantes : les Médicis, tu les connais, tu les as longuement étudiés si je ne me trompe !!!
Je ne connaissais pas cette artiste Veronique Lagriffoul, j'ai parcouru son site, découvert ses oeuvres, et je me suis surpris à ... imaginer en dessiner l'une ou l'autre !!! Elle accomplit là un superbe travail, merci de me l'avoir fait connaître.
j'aime beaucoup.@+
Pas si difficile que cela, si l'on s'arme de patience et que l'on observe et réfléchit beaucoup !
Merci pour ton appréciation sur mes poteries, c'est du travail du passé, il y a plus de 20 ans que je n'ai plus touché la terre, mais peut-être, un jour, y reviendrai-je ?
Deux films dont on ne se lasse pas, effectivement (Je viens de regarder quant à moi Séraphine deux fois en un peu plus de deux semaines) ...
Ces deux films, plutôt sombres , sont similaires sous certains aspects. L'ombre de la déraison plane ; le talent des actrices est immense et largement récompensé aux Oscars ; comme Séraphine de Senlis, Camille Claudel était passionnée jusqu'à la destruction, jusqu'à l'internement psychiatrique ...
Vous parlez d'un internement psychiatrique ? Nul doute que nos conjoints respectifs l'empêcheront : c'est notre seul espoir ! Camille et Séraphine, célibataires, n'ont pas eu cette chance ...
La suite - en italien et français - à "Simonetta Vespucci à la cour des Médicis à la Renaissance à Florence" ? ... Mais chut ! D'accord ...
L'hiver approche, propice aux activités d'intérieur ...
Je ne doute pas que tu trouveras le temps d'écrire, quitte à rogner sur tes heures de sommeil (si cela t'est encore possible).
Merci Fan, et à demain pour la fin du dessin. Oh, ce n'est peut-être pas le plus beau de tous mes dessins, mais je l'aime beaucoup et ne suis pas le seul !!! Disons que son histoire - pas bien longue rassurez-vous - que je raconterai demain après-midi est ... touchante !
Cet art de la transparence et du plissé me fait inévitablement penser, tu t'en doutes, à ces vêtements qu'ont si remarquablement rendus les sculpteurs égyptiens - eh oui, dans la pierre, et bien avant les Grecs ! -, notamment à l'époque amarnienne (XIVème siècle avant notre ère) : ainsi, ce couple d'Akhenaton et Néfertiti, au Musée du Louvre.
(http://cartelfr.louvre.fr/pub/fr/image/17252_05DAE0539NUCA_P.jpg)
Tout comme mon ami photographe, je n'étais non plus resté insensible à la suggestive transparence de cet unique sous-vêtement féminin : j'espère ne pas l'avoir - inconsciemment - exagérée !
Oui, comme tu le soulignes avec ce célèbre couple, les sculpteurs du Nouvel Empire excellaient dans l'art de la transparence. Mes invités au banquet funéraire de Ramose en témoignent également, et tu connais bien mieux que moi ce superbe torse en grès rouge de corps féminin épanoui attribué à la belle Néfertiti (Louvre, E 25409), que l'agencement savant et élégant du plissé au rayonnement quasiment solaire de la tunique et du châle assouplit magistralement.
A bientôt
Merci et à bientôt.
Je constate aussi que dans les années 70 on ne portait pas encore de string...
... et comme le soleil dardait ses précieux rayons, notre élégante demoiselle de droite se baladait - déjà dans la décennie 70 - "Oben Ohne" !
Merci Anne-Marie.
Souvent, maintenant, j'agrandis les photos numériques de mes sujets à l'écran de l'ordi pour mieux voir nuances et détails ; ici, impossible, il me fallait observer de manière très pointue, effectivement, une petite photo et la reproduire au même format.
Que du plaisir, il y a 21 ans d'ici.
Exactement ! Je ressens les mêmes sentiments : je veux dire que, à travers l'attitude et les jambes de la jeune femme de gauche, l'ont peut imaginer - j'imagine moi, en tout cas - sa démarche souple, légère, aérienne ...
Quant à la belle Néfertiti dont on ne voit pas non plus la tête, tout comme mes marcheuses drapées, c'est en autome dernier que vous l'aviez magistralement sculptée : pour mes lecteurs, je les invite à aller la découvrir en cliquant ICI et en lisant les commentaires sous l'article, qui sont très instructifs pour qui s'intéresse à votre oeuvre et votre technique ...
oui je reviens sur les blogs de ma communaute ,,,
vous avez cité mon artiste et maitre plus haut,,,,
ALBRECHT DURER dont j ai moi meme repris ses mains qui m ont fait le decouvrir j avais 17ans ( j en ai 60) je suis contente qu il soit apprecié par vous
a bientot bisous sonia
Ah, ces mains de Dürer ! Un chef-d'oeuvre, évidemment !